Inutilité de la littérature (Charles Baudelaire, « Préface des Fleurs »)

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Ce livre, essentiellement inutile et absolument innocent, n’a pas été fait dans un autre but que de me divertir et d’exercer mon goût passionné de l’obstacle.
Quelques-uns m’ont dit que ces poésies pouvaient faire du mal. Je ne m’en suis pas réjoui. D’autres, de bonnes âmes, qu’elles pouvaient faire du bien ; et cela ne m’a pas affligé. La crainte des uns et l’espérance des autres m’ont également étonné, et n’ont servi qu’à me prouver une fois de plus que ce siècle avait désappris toutes les notions classiques relatives à la littérature. 

… »

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal
Projets de préfaces – [I] Préface des Fleurs
GF Flammarion, 1991-2006, page 253

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