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Temps élastique (Marcel Proust, À l'ombre des jeunes filles en fleurs)

« ...

Le temps dont nous disposons chaque jour est élastique ; les passions que nous ressentons le dilatent, celles que nous inspirons le rétrécissent, et l'habitude le remplit.

... »

Marcel Proust, À l'ombre des jeunes filles en fleurs,
Première partie "Autour de Mme Swann"
in À la recherche du temps perdu, tome I,
1913, Gallimard, La Pléiade, 1987, page 601

Théorie de la Madeleine 1 (Marcel Proust, Du côté de chez Swann)

« ...
 
Il en est ainsi de notre passé. C'est peine perdue que nous cherchions à l'évoquer, tous les efforts de notre intelligence sont inutiles. Il est caché hors de son domaine et de sa portée, en quelque objet matériel (en la sensation que nous donnerait cet objet matériel), que nous ne soupçonnons pas. Cet objet, il dépend du hasard que nous le rencontrions avant de mourir, ou que nous ne le rencontrions pas.

... »


Marcel Proust, Du côté de chez Swann,
Première partie "Combray", I
in A la recherche du temps perdu, tome I
1913, Gallimard, La Pléiade, 1987, page 44
 
Résonances :

Nous ne sommes pas un tout (Marcel Proust, Du côté de chez Swann)

« ...

Mais même au point de vue des plus insignifiantes choses de la vie, nous ne sommes pas un tout matériellement constitué, identique pour tout le monde et dont chacun n'a qu'à aller prendre connaissance comme d'un cahier des charges ou d'un testament ; notre personnalité sociale est une création de la pensée des autres.

... »


Marcel Proust, Du côté de chez Swann,
Première partie "Combray", I
in A la recherche du temps perdu, tome I
1913, Gallimard, La Pléiade, 1987, pages 18-19

Douleur et nouveauté (Marcel Proust, Du côté de chez Swann)

« ...

(…) dans des lieux nouveaux où les sensations ne sont pas amorties pas l'habitude, on retrempe, on ranime une douleur (…)

 ... »



Marcel Proust, Du côté de chez Swann,
Deuxième partie "Un amour de Swann"
in A la recherche du temps perdu, tome I
1913, Gallimard, La Pléiade, 1987, page 348
 
Résonance :
 

Pouvoir sur l'amour (Marcel Proust, Du côté de chez Swann)

« ...

(…) je lui demandais ce qu'il fallait faire pour qu'elle recommençât à m'aimer autant, pour qu'elle m'aimât plus que les autres ; je voulais qu'elle me dît que c'était déjà fait, je l'en suppliais comme si elle avait pu modifier son affection pour moi à son gré, au mien, pour me faire plaisir, rien que par les mots qu'elle dirait, selon ma bonne ou ma mauvaise conduite. Ne savais-je donc pas que ce que j'éprouvais, moi, pour elle, ne dépendait ni de ses actions, ni de ma volonté ?

 ... »


Marcel Proust, Du côté de chez Swann,
Troisième partie "Noms de pays : Le Nom"
in A la recherche du temps perdu, tome I
1913, Gallimard, La Pléiade, 1987, page 404

Théorie de la Madeleine 2 (Marcel Proust, Du côté de chez Swann)

« ...

Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir.

... »

Marcel Proust, Du côté de chez Swann, Première partie "Combray", I
in A la recherche du temps perdu, tome I
1913, Gallimard, La Pléiade, 1987, page 46

Résonance :

Art et nécessité (Marcel Proust, Du côté de chez Swann)

« ...

Je n'avais pas de plus grand désir que de voir une tempête sur la mer, moins comme un beau spectacle que comme un moment dévoilé de la vie réelle de la nature ; ou plutôt il n'y avait pour moi de beaux spectacles que ceux que je savais qui n'étaient pas artificiellement combinés pour mon plaisir, mais étaient nécessaires, inchangeables, – les beautés des paysages ou du grand art.

... »

Troisième partie "Noms de pays : Le Nom"
in A la recherche du temps perdu, tome I
1913, Gallimard, La Pléiade, 1987, page 377

Fétichisme des choses anciennes (Marcel Proust, Du côté de chez Swann)

« ...

Mais quand disparaît une croyance, il lui survit – et de plus en plus vivace pour masquer le manque de la puissance que nous avons perdue de donner de la réalité à des choses nouvelles – un attachement fétichiste aux anciennes qu'elle avait animées, comme si c'était en elles et non en nous que le divin résidait et si notre incrédulité actuelle avait une cause contingente, la mort des Dieux.
Quelle horreur ! me disais-je : peut-on trouver ces automobiles élégantes comme étaient les anciens attelages ? je suis sans doute déjà trop vieux – mais je ne suis pas fait pour un monde où les femmes s'entravent dans des robes qui ne sont pas même en étoffe.

... »
 
Troisième partie "Noms de pays : Le Nom"
1913, Gallimard, La Pléiade, 1987, pages 417-418

Résonance :

Fiction et empathie (Marcel Proust, Du côté de chez Swann)

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Mais tous les sentiments que nous font éprouver la joie ou l'infortune d'un personnage réel ne se produisent en nous que par l'intermédiaire d'une image de cette joie ou de cette infortune ; l'ingéniosité du premier romancier consista à comprendre que dans l'appareil de nos émotions, l'image étant le seul élément essentiel, la simplification qui consisterait à supprimer purement et simplement les personnages réels serait un perfectionnement décisif.

... »
 
Marcel Proust, Du côté de chez Swann, Première partie "Combray", II
in A la recherche du temps perdu, tome I
1913, Gallimard, La Pléiade, 1987, page 84

Le courage de ses opinions (Marcel Proust, Du côté de chez Swann)

« ...
 
(…) le courage de ses opinions paraît toujours un calcul et une lâcheté aux yeux de ceux à l'encontre de qui il s'exerce (…) 
 
... »
 
Marcel Proust, Du côté de chez Swann, Deuxième partie "Un amour de Swann"
in A la recherche du temps perdu, tome I
1913, Gallimard, La Pléiade, 1987, page 255
 

La Musique de chambre de l'été (Marcel Proust, Du côté de chez Swann)

« ...

(…) la sensation de la splendeur de la lumière ne m'était donnée que (…) par les mouches qui exécutaient devant moi, dans leur petit concert, comme la musique de chambre de l'été ; elle ne l'évoque pas à la façon d'un air de musique humaine, qui, entendu par hasard à la belle saison, vous la rappelle ensuite ; elle est unie à l'été par un lien plus nécessaire ; née des beaux jours, ne renaissant qu'avec eux, contenant un peu de leur essence, elle n'en réveille pas seulement l'image dans notre mémoire, elle en certifie le retour, la présence effective, ambiante, immédiatement accessible. 
 
... »
 
Marcel Proust, Du côté de chez Swann, Première partie "Combray", II
in A la recherche du temps perdu, tome I
1913, Gallimard, La Pléiade, 1987, page 82

Priorité de lecture (Marcel Proust, Du côté de chez Swann)

« ...
 
Ce que je reproche aux journaux c'est de nous faire faire attention tous les jours à des choses insignifiantes tandis que nous lisons trois ou quatre fois dans notre vie les livres où il y a des choses essentielles. 
 
... »
 
Marcel Proust, Du côté de chez Swann, Première partie "Combray", I
in A la recherche du temps perdu, tome I
1913, Gallimard, La Pléiade, 1987, pages 25-26
 

L'Art et la nuance (Marcel Proust, Du côté de chez Swann)

« ...
 
(…) ces acteurs dont l'art, bien qu'il me fût encore inconnu, était la première forme, entre toutes celles qu'il revêt, sous laquelle se laissait pressentir par moi, l'Art. Entre la manière que l'un ou l'autre avait de débiter, de nuancer une tirade, les différences les plus minimes me semblaient avoir une importance incalculable. 
 
... »
 
Marcel Proust, Du côté de chez Swann, Première partie "Combray", II
in A la recherche du temps perdu, tome I
1913, Gallimard, La Pléiade, 1987, page 73
 
Résonance :
Pour le Beau, une nuance, c'est beaucoup (Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra)
 

La Madeleine (Marcel Proust, Du côté de chez Swann)

« ...

Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. (...)
Et dès que j'eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (...), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, (...) toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l'église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.
  
... »
 
Marcel Proust, Du côté de chez Swann, Première partie "Combray", I
in A la recherche du temps perdu, tome I
1913, Gallimard, La Pléiade, 1987, pages 46-47

 

L'Habitude (Marcel Proust, Du côté de chez Swann)

« ...
 
L'habitude ! aménageuse habile mais bien lente et qui commence par laisser souffrir notre esprit pendant des semaines dans une installation provisoire ; mais que malgré tout il est bien heureux de trouver, car sans l'habitude et réduit à ses seuls moyens il serait impuissant à nous rendre un logis habitable. 
 
... »
 
Marcel Proust, Du côté de chez Swann, Première partie "Combray", I
in A la recherche du temps perdu, tome I
1913, Gallimard, La Pléiade, 1987, page 8
 

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